Le prix du verre n'est pas une simple division de la bouteille. C'est l'arbitrage le plus rentable de votre carte des vins — le verre génère typiquement 1,5 à 2 fois la marge bouteille à coût d'achat équivalent, à condition que la méthode de calcul soit propre et que la rotation soit maîtrisée. Voici les 4 méthodes utilisées dans la profession, leurs fourchettes par segment, et les pièges qui mangent la marge sans qu'on s'en rende compte.
Trois différences structurelles font que la logique bouteille ne se transpose pas au verre :
Le calcul le plus simple : prix de vente bouteille divisé par 4 (en partant du principe d'une bouteille = 4 verres). Une bouteille à 32 € donne donc un verre à 8 €. Avantage : facile à expliquer à l'équipe, lisible pour le client. Inconvénient majeur : la marge réelle est inférieure à ce que vous croyez, parce que vous comptez 4 verres alors que vous en servez 5 (donc revenu théorique 40 € vs facturé 32 €), et que la perte au service mange encore quelques pourcents. Cette méthode laisse environ 15 à 20 % de marge sur la table.
Vous comptez 5 verres effectivement servis par bouteille (12 cl avec une petite marge de sécurité) et appliquez votre marge cible. Exemple : bouteille achetée 8 € HT, marge cible 75 %. Coût par verre = 8 / 5 = 1,60 €. Prix de vente HT cible = 1,60 € / (1 - 0,75) = 6,40 €. Prix TTC ≈ 7,70 €. Coefficient effectif sur le coût par verre ≈ ×4, sur la marge bouteille ≈ ×1,8 vs vente bouteille. C'est la méthode la plus juste économiquement.
Variante de la méthode 2 où vous appliquez un coefficient (×4 à ×5) directement sur le coût d'un verre (calculé à partir du prix bouteille / 5). Si vous voulez ×4,5 sur un coût d'achat de 1,60 € par verre, vous vendez 7,20 € HT, soit environ 8,60 € TTC. Cette méthode donne des prix plus libres mais demande une grille interne pour rester cohérent entre les références.
Vous calez le prix du verre sur les points de prix ronds attendus par votre clientèle locale : 5 €, 7 €, 9 €, 12 €, 15 €. Vous remontez ensuite la marge en cherchant les fournisseurs dont l'achat tombe juste. Pratique pour la carte (perception immédiate), dangereux seul (sans vérification de marge, vous pouvez vendre à perte). À utiliser en complément d'une méthode coût pour caler la perception sans perdre la marge.
Voici les ordres de grandeur observés en 2026 sur le prix moyen d'un verre :
La marge théorique du verre est excellente, mais elle s'effondre vite si une bouteille ouverte n'est pas finie. Un Coravin retarde l'oxydation et permet de proposer des références pointues sans contrainte de rotation rapide ; sans Coravin, vous devez calibrer le programme au verre sur des références qui tourneront en 2 à 4 jours. La règle empirique : ne mettez au verre que les références qui vendent au moins 5 verres par jour ouvré, sinon vous perdez votre marge théorique sur le résiduel jeté.
Côté pilotage, Winevizer suit les bouteilles ouvertes et leur âge, et signale en fin de service celles qui dépassent la durée de conservation cible. Vous décidez : pousser auprès des clients du soir, transférer en cuisine pour la réduction, ou retirer la référence du programme.
Dans le back-office, chaque référence peut être marquée « au verre » avec son prix de vente associé. Winevizer affiche immédiatement la marge € par verre et la marge € par bouteille équivalente, pour que vous compariez les deux scénarios en un coup d'œil. Le sommelier virtuel intègre ces données pour proposer au verre quand le client hésite sur la bouteille (couple aux goûts opposés, client solo, budget serré), ce qui booste mécaniquement le ticket moyen sans alourdir le travail du serveur.
Le prix du verre est l'un des leviers de marge ; les autres sont la méthode de coefficient sur la bouteille, le menu engineering qui met en avant les références champions, et la rotation des stocks dormants qui immobilisent du capital sans produire. La rentabilité boissons est un sujet à plusieurs couches — Winevizer adresse chacune d'elles dans son interface unifiée.
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